API 312 Warm

Un énième clone de l’illustre API 312 vient d’arriver sur le marché de l’audio pro. Après les (plus ou moins fidèles) modèles de chez N-Audio ou Black Lion Audio, c’est la firme Warm Audio qui s’y colle.

Premier modèle de la marque, le WA12 arrive avec de sérieux arguments. Un préampli micro + DI mono avec des transfos Cinemag qui vient concurrencer directement des préamplis de haute qualité à des prix bien supérieurs. Alors, est-ce que le pari est réussi pour Bryce Young, directeur de Warm Audio ?

Le déballage

Le WA12 se présente donc de manière très simple et très épurée sous la forme d’un demi-rack 1U orange, dont la fabrication semble solide et sérieuse, l’idée étant d’en rentrer deux dans 1 U.

Warm Audio WA12

Le boîtier ressemble fortement au Pre 73 (le clone de Neve 1073) de chez Golden Age. Mêmes fonctionnalités, mêmes boîtes, mêmes dimensions, mêmes alimentations… On est dans le même type de produit en termes d’utilisation. Les composants du WA12 sont uniquement américains ou japonais, dont les fameux transfos d’entrée et de sortie Cinemag (ceux que l’on retrouve sur les préamplis Universal Audio LA-610, Presonus ADL-600 ou encore les nouveaux Joemeek Twin Q2), fabriqués aux États-Unis. L’assemblage a été fait, par contre, en Chine. L’Ampli OP, fabriqué par Warm Audio, est une copie du 1731 utilisé sur les API 312 originaux. Sur la face avant, les fonctions de base :

  • Potentiomètre de gain
  • Un bouton ON/OFF, un pour l’alimentation 48V, un pour l’inversion de phase, un PAD -20dB, un pour activer l’entrée instrument et un dernier pour le TONE. Nous y reviendrons.

L’entrée DI / Instrument Jack s’effectue à l’avant de l’appareil. Pratique lorsque l’appareil est racké.

À l’arrière on retrouve les entrées et sorties XLR et Jack. Les sorties parallèles XLR et Jack permettent d’avoir les deux sorties indépendantes et d’en “traiter” une tout en gardant le son “dry” de l’autre.

En condition

Warm Audio WA12

Nous avons eu le loisir d’utiliser le Warm Audio WA12, prêté gracieusement par Funky Junk, pendant plusieurs semaines au studio Montmartre Recording. Et encore une fois dans nos tests, nous lui avons offert tout un panel de sources différentes pour voir quels étaient ses qualités et ses défauts. Racké, avec toutes les fonctions utiles à l’avant, le Warm Audio s’adapte bien à toutes les configurations.

À l’instar d’un API ou d’un Phoenix Audio, l’utilisation du PAD s’avère vitale pour les instruments délivrant de forts signaux audio comme les percussions, les guitares électriques, les cuivres… Question d’habitude. Le potentiomètre de gain permet de bien contrôler le niveau grâce à ses crans d’un tiers de dB.

Alors que dire du bouton TONE ? Sa fonction première est de changer l’impédance d’entrée et donc de s’adapter à tout type de microphones. Passer de 600 ohms à 150 ohms sur un tel produit s’avère être un sacré plus. Pouvoir adapter le préampli à son parc micro constitue un vrai avantage quand on a peu de préamplis. Mais qu’est ce que ça change au niveau du son ? Tout d’abord, on peut constater que le volume change. Pas moins de 6dB supplémentaires en enclenchant le bouton TONE ! Voici un sacré problème ! Car il va falloir réadapter le gain à chaque fois qu’on l’utilise.

Warm Audio WA12

Au-delà de cet inconvénient, nous constatons aussi que le son est bien différent. Une légère atténuation dans les aigus et un gonflement des bas médiums du spectre confère à la prise un son plus doux et plus présent. Ce sont donc bien deux couleurs de son que l’on obtient grâce à ce bouton. Impossible de dire lequel est le mieux tant les paramètres qui les régissent sont différents, mais cette polyvalence peut être très appréciable dans le cas où ce préampli est au centre d’une configuration.

Et le son dans tout ça ?

Le préampli fait très bonne figure aux côtés des autres préamps avec lesquels nous l’avons comparé. À première vue le WA12 est transparent avec un son clair et précis. Cela se confirme par la courbe de réponse extrêmement plate du préampli et son faible taux de distorsion. On ne peut pas relever de situation où le Warm Audio a été clairement en-dessous des autres préamplis. Il n’a certes pas la présence du 512c ou le “naturel” des 1073 mais nous avons clairement affaire à un préampli de qualité avec sa propre personnalité. Sur une grosse caisse par exemple, il est beaucoup plus clair que le Phoenix Audio. Il ne reproduit pas aussi efficacement les transitoires d’attaque que l’API 512c mais ne souffre pas la comparaison avec un 1073.

Warm Audio WA12

Ces impressions se confirment pour les tests de caisse claire. Sur une guitare folk, le Warm Audio tient plutôt bien la route. Même si le 1073 semble au-dessus (plus d’aigus et plus de présence), et l’API plus coloré,le WA12 sonne bien, notamment grâce à sa transparence qui lui confère une réponse en fréquence assez plate. Ce qui peut le rendre un peu plus froid au regard des autres. Le bouton Tone va venir régler ce petit détail… Nous y reviendrons un peu plus loin. Pour la guitare électrique, le son est plein et tranchant avec le Warm Audio. Il n’a pas la générosité de l’API dans le bas médium, mais le rendu est très intéressant et plus “punchy “qu’avec le Phœnix. En testant la DI sur un synthé, on se rend compte de quelques faiblesses. Les transitoires d’attaque ne sont pas aussi précis et définis qu’avec l’Amek ou l’API. Le bas est présent, les aigus sont moins présents que sur l’Amek, dont la DI est un modèle du genre.

Que dire du bouton Tone ? Le test du synthé est clair. On entend bien cette bosse dans le bas médium et ce creux dans les aigus. Le son est plus chaud, plus rond. Peut être un peu plus sourd, mais pas moins bon. C’est bien d’une couleur différente dont on parle. Comme en témoigne le test sur la guitare folk, on a vraiment l’impression d’avoir deux préamplis différents.

En conclusion

Le Warm Audio est un excellent préampli avec sa propre personnalité qui a sa place au coeur d’une config home studio ou bien en préampli d’appoint en studio. Son prix, imbattable, ne reflète pas tout ce que pourra vous offrir ce petit appareil. Le choix de la couleur via le bouton TONE est un atout fort (malgré ses 6dB supplémentaires une fois enclenché) qui permettra d’obtenir des sonorités différentes tout en étant intéressantes.

Nous émettons plus de réserve sur l’argument “clone de l’API 312”. Déjà, car nous n’avons pu le comparer directement, et ensuite, car il nous semble être un préampli avec ses propres qualités et son propre son. Et ça nous semble être un atout beaucoup plus intéressant, même s’il faut admettre que le public a besoin de repères lorsqu’un nouveau produit sort. D’autant plus quand la firme est toute nouvelle, sans véritable background…

Un appareil au petit prix dans la cour des grands, donc. Accessible aux home studistes, il saura se placer dans toutes les installations audio sans jamais décevoir. Solide, sérieux, le WA12 ne se limite pas à “une simple copie de”. Bien au-dessus des produits dans la même gamme de prix, Warm Audio vient de taper un grand coup pour son arrivée dans l’univers du studio et de trouver une petite place dans le rack de notre studio !

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