Histoire du Swing

Swing (courant)

Le swing ou middle jazz (« jazz du milieu ») est un courant musical du jazz qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu’à l’avènement du be-bop dans les années 1940. Il est surtout caractérisé par le développement des grands orchestres et big bands et du swing. Par extension, ce courant est également appelé « ère des big bands », « époque du swing » ou tout simplement « swing ».Ses principaux représentants sont les pianistes Duke Ellington et Count Basie, et le clarinettiste Benny Goodman.

Caractéristiques

Un élément du middle jazz est l’apparition des grands orchestres et des big bands, avec notamment le développement des sections de cuivres, et particulièrement des saxophones. Chaque orchestre acquiert une identité et une couleur qui lui est propre, surtout grâce au travail des arrangeurs et des chefs d’orchestre qui adaptent les compositions à la personnalité de l’orchestre, voire de chaque musicien. Malgré l’effectif important de ces orchestres, ils laissent à des solistes de talent la possibilité de s’exprimer au cours de longs solos. Mais l’élément le plus caractéristique de ce courant est l’adoption par ces orchestres du style swing, basé sur la répétition de petites phrases rythmées : les riffs.

Évolution

Le mouvement middle jazz a été amorcé par Louis Armstrong qui en 1927 et 1928, avec ses deux ensembles, les Hot Five et Hot Seven, établit l’orchestre comme un support pour le soliste. Armstrong rejoint quelques mois plus tard Fletcher Henderson qui avait inauguré le grand orchestre en 1927. Deux des acteurs majeurs de ce courant furent sans doute Count Basie qui, après avoir rejoint l’orchestre de Benny Moten en 1929, en devient le chef après sa mort en 1935 et Duke Ellington qui à partir de 1927 fait évoluer son petit orchestre des Washingtonians en un fameux big band. En 1935, le clarinettiste Benny Goodman, surnommé le « roi du swing », forme son propre orchestre et n’hésite pas à engager Fletcher Henderson.Cette époque a vu apparaître également des solistes caractéristiques comme le saxophoniste Coleman Hawkins qui en entrant en 1922 dans l’orchestre de Fletcher Henderson fut le premier à donner sa place d’honneur au sax ténor, l’autre saxophoniste ténor Lester Young qui rejoint Count Basie, les chanteuses Billie Holiday etElla Fitzgerald, ou les pianistes Fats Waller et Art Tatum.Le courant va s’essouffler avec l’émergence du bebop, mais ses principes seront repris au milieu des années 1950 dans le mainstream.

Quelques représentants du middle jazz

Chefs d’orchestre

Musiciens

Voir aussi

Notes et références

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Swing (courant) de Wikipédia en français (auteurs

Swing (musique)

 Swing
Origines stylistiques Jazz (années 1920)
Origines culturelles Années 1930 ; États-Unis
Instruments typiques Basse, clarinette, saxophone,trompette, trombone, piano,batterie, clavier, guitare électrique
Popularité Très élevée au début duxxe siècle

Sous-genresSwing revival (en)Genres associésElectro swing (en)

Le swing désigne, en premier lieu, une manière d’être essentielle du jazz, celle qui donne à balancer, à se balancer, à danser avec son corps dans l’espace. Pour certains auteurs, le swing accompagne toute l’histoire du jazz, pour d’autres, comme André Hodeir, le swing s’est plutôt cristallisé durant les années 19301940 avec l’avènement des big bands.

Analyse et histoire

D’un point de vue technique, s’appuyant sur le caractère rythmique constant du jazz, il consiste d’une part, dans une mesure à deux temps ou quatre temps, à accentuer les temps faibles, d’autre part à substituer systématiquement à toute formule rythmique binaire une formule ternaire « balancée » (en anglais :shuffle, une formule rythmique également appliquée dans le blues). Ainsi à une succession de deux croches on substitue la première et la troisième croche d’un triolet. Cependant, cette explication est une simplification ; en effet, d’après le chercheur Anders Friberg, le taux de modification du rapport entre deux croches (ou swing ratio) varie selon le tempo : si le rapport est bien comparable à celui d’un triolet autour d’un tempo de vivace, il devient de plus en plus binaire à un tempo plus élevé. De même, lorsque le tempo est plus bas, le rapport ressemble davantage à celui d’une croche pointée suivie d’une double croche1.En définitive, cet élément fondamental du jazz classique se rapporte à la pulsation. Fondée sur la syncope qui confère souplesse et rebondissement à la section rythmique, elle permet au soliste et aux ensembles orchestraux « par une parfaite mise en place des valeurs2 » de produire ce phénomène de l’ordre de la sensation pure et donc difficile à noter. L’accentuation forte ou faible du contre-temps participe aussi de ce processus de création d’une ambiance faite pour la danse. Avec la révolution du bebop structuré autour d’une conception harmonique novatrice et le cool qui revisite la fonction esthétique même du jazz, le swing réexamine ses concepts de base pour s’intégrer dans un cadre où il devient un partenaire présent mais discret pour les auditeurs, la mise en place des valeurs évoquées ci-dessus (articulation des phrases musicales, mise en place des notes par rapport à la mesure, accentuations) pouvant être différentes, voire inversées. Les musiques évoluées qui se réclament du jazz depuis les années soixante-dix, après le free jazz, ne se fondent, sauf exception, sur ces principes et le terme swing est peu usité et évoque plutôt un climat musical.Le swing désigne aussi d’un point de vue historique l’ère swing c’est-à-dire la période allant de 1930 à 1945. Cette période faste est illustrée par les big bands« blancs » comme celui de Benny Goodman surnommé « le roi du swing », Glenn Miller, Gene Krupa et les orchestres « noirs » tels ceux de Duke Ellington, Count Basie, Chick Webb, Jimmie Lunceford. Ces différents orchestres emblématiques du phénomène swing surent allier avec efficacité perfection de la mise en place, décontraction de l’énoncé et équilibre entre pulsion vitale, chaleur d’expression, maîtrise instrumentale et imagination mélodique3

Avoir le « swing »

Il est bien évident que la pédagogie et la codification de cette musique de jazz ont démystifié depuis longtemps ce mystère de la chose inexpliquée. Le swing se ressent comme toute autre forme artistique, il se travaille par l’écoute et la pratique.

Notes et références

  1. (en) Anders Friberg, « Jazz Drummers’ Swing Ratio in Relation to Tempo » [archive], Acoustical Society of America ASA/EAA/DAGA ’99,‎ 1999.
  2. André Hodeir, « Hommes et problèmes du jazz », Flammarion, 1954.
  3. Philippe Carles, André Clergeat, Jean-louis Comolli, Dictionnaire du jazz, Bouquins/Laffont, pages 985-986, (ISBN 2-22104516-5).

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